D'après ce qui était prévu, ce week-end était notre dernière possibilité de passer du temps à deux avant de partir chacun de son côté. Comme je n'ai pas eu de nouvelles depuis qu'elle a eu quelque chose à me demander il y a dix jours, plutôt que de se faire ensemble une dernière balade, une dernière expo, un dernier ciné, je passe mon week-end seul. Les médicaments ne sont pas suffisants pour aller bien, mais ils m'empêchent tout de même de m'effondrer complètement.
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jeudi 24 avril 2008
pas prêt.
Avec toi, ça ne sera jamais évident, mais c'est évident que c'est avec toi.
C'est ce que je lui ai dit dans les premiers temps de notre relation. Pas une seule seconde je n'ai envisagé une relation simple et linéaire, nous avions trop de personnalité tous les deux pour que tout passe comme une lettre à la poste. Tant mieux d'ailleurs : la vie, c'est mieux avec du relief.
mercredi 23 avril 2008
cœur à nu
les larmes ne veulent pas s'arrêter aujourd'hui.
je suis malheureux.
je me bats avec moi depuis longtemps écrire simplement ça : je suis malheureux.
les médecins savent
Il y a quelques jours, je me sentais mieux. Du coup, je me suis dit qu'il était intéressant de cesser de prendre ces cachets qui m'avaient été prescrits (oui, j'aime pas ingérer des concentrés de produits chimiques.) Il ne m'est pas venu à l'idée, bêtement, que si j'allais mieux, c'était en partie grâce à ces saloperies.
Ça a été magnifique : je me suis remis à partir en vrille comme si rien n'avait avancé.
C'est peu de dire que je commence à être fatigué. Je suis content d'être retourné au boulot, ça me permet de me changer les idées, de me concentrer sur quelque chose, et à vrai dire d'être un peu surpris : si on m'avait dit il y a quelques années que c'est au boulot que je trouverais un jour le plus de stabilité, j'aurais bien ri. Sauf que bon, c'est pas drôle.
Tout ça est un peu décousu, mais dans ma tête, ça l'est tout autant. Si j'en ai le courage, je vous dirai à quel point je me sens vieux.
vendredi 11 avril 2008
Mauvaise période pour les décisions
Bon, je l'ai dit, je n'arrête pas de le dire depuis quelque temps, je ne suis pas dans une de mes meilleures périodes : On a donné un coup de pied dans la vase au fond de ma tête et je n'ai plus aucune visibilité. Du coup, ce n'est vraiment pas la bonne période pour prendre des décisions.
mardi 8 avril 2008
la musique qui fait mal à la tête
On pourrait croire à mes écrits récents que j'ai du mal à supporter ma rupture. Ce n'est pas exactement le cas, en tous cas pas directement ; Disons que la rupture n'est que la perte du dernier des points d'appui grâce auxquels j'avais réussi à me construire un équilibre ces dernières années.
Mais ce problème d'équilibre est bien plus profond que cette histoire là, je m'y débats depuis des lustres. Il est un indicateur de cette situation auquel je n'avais jamais pensé : la musique.
lundi 7 avril 2008
jour, nuit, jour, nuit
Ça va, ça va pas, ça va, ça va pas... Je continue à alterner les périodes où je me sens détendu et les périodes où mes nerfs me lâchent complètement[1]. Le passage du bien au pas bien peut se faire en quelques dizaines de minutes ; Dans l'autre sens, ça peut se faire brutalement : une image, un souvenir qui revient, une idée qui en amène un autre et je n'ai plus qu'à trouver un trou pour me cacher.
Sortir pour n'être pas seul et ne pas tourner en rond n'est pas même une solution : tout à l'heure, quelque part entre Éluard et Allais, un présentoir m'a lancé une phrase qui a tapé en plein milieu de la cible, et les clients de la librairie se sont demandé ce qui arrivait à ce taré en train de pleurer entre deux étagères.
Je suis épuisé.
Notes
[1] Je devrais sans doute me mettre à écouter de la musique contemporaine.
dimanche 6 avril 2008
décision prise
C'est fait, ma décision est prise et communiquée : je me donne un mois pour passer encore un peu de temps avec elle. Et dans un mois, elle disparaît de ma vie. J'espère maintenant qu'elle saura faire quelques efforts pour ces derniers moments passés ensemble avant de tirer un trait définitif sur ces six dernières années.
Et après, vous serez gentils de me ramasser.
mercredi 2 avril 2008
arrête
Bon, ma tentative lamentable de poisson d'avril n'a pas déchaîné les foules, je n'étais pas crédible ?
Non, il n'y a pas de mieux. Ma tête est toujours aussi bordélique et tout ça remue énormément la vase déposée au fond au cours des années. Je disais l'autre jour que plus que la rupture, c'est le vide qui m'était insupportable. Il semblerait que plus encore que le vide, je doive gérer des noirceurs profondément enracinées, et de celles là, je ne suis pas prêt de m'extirper.
Dans le passé, j'ai déjà mis plusieurs années à me sortir de situations similaires. Aujourd'hui la peur que ça se reproduise me fait essayer d'avancer très vite, et c'est sans doute trop vite : les nerfs sont tendus à la limite de la rupture.
La limite s'est rappelée à moi hier.
lundi 31 mars 2008
Impression en creux
Je n'ai plus trop envie de voyager. Je n'ai plus trop envie d'aller voir une expo. Je n'ai plus trop envie d'aller au ciné. Je n'ai plus trop envie de lire des essais. Je n'ai plus trop envie de partir en week-end. Je n'ai plus trop envie d'aller visiter un musée. Je n'ai plus trop envie de me balader. Je n'ai plus trop envie.
Bien qu'elle soit toujours autant douloureuse, la frustration de l'avoir perdue, de ne pouvoir l'embrasser, de ne pouvoir simplement lui tenir la main lorsque j'en ai envie est en train de rentrer dans l'ombre du trou énorme qu'elle laisse dans ma vie.
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