Métaphore

(il fait froid dehors)

Triple Challenge sur la Shotover

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C'est une bonne journée.
Julie

Même pas réveillés par les canards (oui, il y en a aussi dans ce campings-ci. Ces stupides bestioles ont l'air de rêver de se transformer en pigeons, ces rats à plumes,) nous nous dirigeons après un petit-déjeuner peinard vers le centre de Queenstown, situé assez pratiquement deux rues plus bas.

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Comme à notre habitude lors de nos flâneries dans une agglomérations, nous papillonnons de magasin en magasin, mais nous commençons à nous lasser de toujours y retrouver les mêmes choses. Du coup, nous allons plutôt nous renseigner sur les activités de l'après-midi et des jours suivants et nous jetons un coup d'œil aux autres activités disponibles : la luge de vitesse sur piste artificielle, la balançoire au dessus d'un ravin, le tourniquet infernal dans une sorte de fusée accrochée à un câble, toute cette sorte de choses amusantes et le saut à l'élastique, évidemment.

Je dis évidemment parce que ça a commencé ici, depuis un pont enjambant une gorge profonde (nous y sommes passés hier en arrivant.) Après mon saut en parachute, je m'étais dit que la peur qu'il me restait à affronter était celle là. Je crevais de trouille rien qu'à l'idée, mais il faut affronter ses peurs, non ?

Sans avoir du tout mis ça à l'agenda, je m'étais dit qu'une bonne occasion de le faire était de le faire sur le tout site historique. C'était avant que je saute, il y a quelques jours, de mon rocher. J'ai compris à cette occasion le long chemin qu'il me restait à faire avant de réussir à donner l'impulsion du saut loin au dessus d'un sol visible.

Aujourd'hui, je suis allé jusqu'à entrer dans le centre où l'on doit s'adresser pour réserver une prestation quelconque parmi celles dont je parlais plus haut : en regardant les écrans qui montraient les sauts de façon un peu trop spectaculaire et explicite, j'ai compris que je n'étais pas encore prêt. Je me méprise un peu, mais je suis soulagé. Il s'agit maintenant de travailler sur moi pour être prêt quand je reviendrai.

Cet après-midi, c'est triple challenge, c'est à dire trois activités d'affilée. Nous commençons par le jet-boat, un hors bord extrêmement puissant et maniable qui va nous emmener à des vitesse ahurissantes au fond d'une gorge en prenant bien soin de faire le maximum de dérapages possible au ras des murailles rocheuses. Oui, car cet engin là dérape comme une voiture tunée sur du gravier ; Il va même jusqu'à faire des tours sur lui même dans de gigantesques gerbes d'eau.

Assise à côté de moi, Julie a un sourire jusqu'aux oreilles. Ça correspond bien à ce qu'elle me disait hier sur la route : J'ai l'impression que ce pays est un grand parc d'attraction et qu'on le visite en passant de l'une à l'autre. Je ne sais pas pour vous, mais Julie qui sourit, moi, j'aime bien.

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Une fois bien trempés, nous nous dirigeons vers un chalet où on nous fournit une combinaison complète pour affronter les rigueurs de l'eau glacée : Nous repartons faire du rafting. Une fois celles-ci enfilées, nous ne nous jetons pas à l'eau tout de suite, il y a quarante-cinq minutes de route. Enfin, pour les autres, puisque nous faisons partie du petit groupe qui va se rendre au point de départ en hélicoptère. C'est en attendant d'être embarqués que nous rencontrons Daphné et Yoann, deux français en voyage de noce avec qui nous allons passer le reste de l'après-midi et la soirée. Les français ne sont pas forcément monnaie courante ici : si nous en avons bien croisé deux ou trois à Auckland et à Wellington, c'est la première fois depuis (enfin, la deuxième, puisque le vendeur dans le magasin de sport où nous sommes entrés tout à l'heure l'était également).

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Après avoir comparé nos expériences (ils parcourent le pays dans le sens inverse du notre,) l'hélicoptère arrive pour prendre livraison de nous. Pour Julie comme pour moi, c'est une première, et tant qu'à faire une bonne : si la route en camionnette dure quarante-cnq minutes, c'est que le coin est assez reculé, et les endroits que nous survolons ne portent même pas la trace d'une cabane. À peine sur ces reliefs voyons nous deux moutons perdus et qsuelques traces de sentiers. Je me laisserais bien aller à dire que c'est grandiose, mais je vais finir par être lassant avec mes superlatifs (Comment vais-je tenir encore dix jours[1] ?)

La première impression, en arrivant au bord de l'eau, n'est pas excellente : près de quatre-vingt personnes prêtes à embarquer sur dix gros canots, ça fait un peu usine à touristes. Mais cette impression ne va pas durer : D'abord Michel, le gars qui nous explique les consignes de base, non seulement les fait passer par un show hilarant et bien rôdé, mais en plus son anglais est parfaitement compréhensible, chose rare ici[2]. Nous en apprenons la raison juste après : il est québécois.

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Notre pilote n'est pas québécoise, mais tout de même canadienne, alors nous la comprenons bien aussi. Nous passons les deux heures suivantes à descendre une ancienne rivière de chercheurs d'or (il y a des débris de machines régulièrement) et n'ayant pas grand chose à voir avec le rafting de la semaine passée : mon opinion personnelle[3] est que le lieu est moins bien, mais la difficulté est plus continue : nous sommes vraiment secoués d'un bout à l'autre et j'ai failli plus d'une fois passer par dessus bord (ce que j'ai fait à un moment, volontairement, pour ce qui semble être le traditionnel moment Ceux qui veulent nager dans l'eau glacée peuvent y aller.)

Cerise sur le gâteau, le parcours se termine par un tunnel qui nous rejette par un dernier rapide en surplomb du reste de la rivière. Crème sur la cerise, une fois douchés[4] et rhabillés, c'est une collation complète qui nous attend à l'arrivée, ces gens là savent recevoir.

Une fois rentrée à Queenstown, nous faisons quelques courses pour les trois jours à venir[5] puis nous retrouvons Daphné et Yoann qui nous emmènent manger dans un resto thaï où nous passons une fort agréable soirée à discuter autour d'excellent plats. Nous aurions volontiers continué autour d'un verre, mais nous devons nous reposer, d'autant que demain nous partons tôt et nos affaires ne sont pas encore prêtes.

Avant de s'endormir, Julie fait un parfait résumé de la journée, voyez tout en haut.

Notes

[1] Ah oui, parce que ça y est, nous avons dépassé la moitié du séjour, ça me déprime.

[2] Je croyais que je parlais anglais jusqu'à ce que j'arrive en Nouvelle Zélande. Déjà, ils ont un accent très particulier, parfois réminiscent du nord de l'Angleterre : Bus se dit Boûsse, le plus souvent maltraitant les voyelles, bouffant des syllabes et parlant à toute vitesse. J'ai vu une vieille anglaise mettre un certain temps à comprendre que You lift arm ne signifiait pas Vous levez le bras mais bien Votre bras gauche. Je ne parle même pas de ma frustration après toutes ces années à essayer de maîtriser le th d'entendre systématiquement les gens remercier en disant Tanquiou !

[3] Entendre : pas forcément partagée par Julie, qui n'a aucune réserve sur le site, contrairement à moi.

[4] M'étant depuis tout petit soigneusement tenu à l'écart des sports collectifs et les petits hommes verts n'ayant pas voulu de moi, c'est bien la première fois que je me balade le kiki à l'air dans un vestiaire rempli.

[5] Lors desquels nous croisons encore un couple de français, décidément.

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