Mais bon, ce n'est pas grave, c'est dans le feu de l'action, quand on a eu sa carte de presse dans les cocktails mondains, on n'est pas obligé d'avoir suivi des études de grammaire et un gimmick stupide pour faire sérieux et rallonger ses phrases est toujours bon à prendre. Il y a pire.

Je me suis déjà énervé sur ces abrutis de publicitaires qui tirent tous à mort sur la même ficelle (trois publicités d'affilée sur la dernière série que j'ai subie) mais ce qui me stresse aujourd'hui, c'est c'est.

La première fois que je m'en suis rendu compte, c'était sur un site francophone qui causait des Beatles : la moitié des news commençait par c'est : C'est aujourd'hui qu'a été rendu disponible..., C'est ce mois-ci qu'on pourra entendre..., C'est le 25 mars prochain qu'on pourra aller voir ..., etc.

Du coup, à force de le voir accumulé aussi souvent, forcément, j'ai tilté. D'abord, ça m'a énervé sur le moment, et j'en ai fait part aux tenanciers du lieu, qui m'ont répondu en gros que j'étais bien sympathique mais que c'était comme ça qu'on faisait des news et que je n'y connaissais rien. Malheureusement, ça m'a également énervé par la suite, lorsque je me suis rendu compte que j'étais en contact avec ce petit bout de phrase partout : un site web ? C'est en 1986 qu'elle ...[1] Un journal télé ? C'est demain que sortira...[2] Un magazine ? C'est l'an dernier que ...[3]

Entendons nous bien : Je m'en fous qu'on utilise le verbe être, totalement. Il se trouve juste qu'il existe des milliards de manières de tourner une phrase, et je me demande comment on se peut être à ce point tâcheron du verbe pour utiliser la toujours même accroche sans aucun intérêt quand on se pique d'utiliser des mots en public.

La prochaine fois, je vous parlerai des zooms magiques dans les feuilletons, qui sont eux aussi légion et ça me dépasse. Ah ben non, suis-je bête, ça, c'est déjà fait.

Notes

[1] Lu ce soir.

[2] Entendu hier.

[3] Lu ce week-end.